Rencontre avec Michel Cassan, fabriquant de guitares millavois

Michel Cassan est fabriquant de guitares à Millau. Son entreprise s’appelle Lutherie Levila. Il est l’exemple d’une reconversion réussie, même si, selon ses mots, l’année 2017 a été très tendue : « Les ventes n’ont pas été au rendez-vous, à la hauteur de mes attentes ». Courageux, Michel s’est lancé sur le tard dans le grand bain de l’artisanat : « J’ai décidé de changer de métier à quarante-huit ans suite au plan social de l’entreprise dans laquelle je travaillais. Après vingt-cinq ans passés dans l’électronique, il y a sept ans, j’ai fait une reconversion. Une formation de huit mois chez un grand artisan, Claude Fouquet, luthier Puimisson, dans l’Hérault. Cela fait 4 ans que j’ai ouvert ma boutique dans le cœur de ville de la sous-préfecture aveyronnaise. Toujours en pépinière d’entreprise, mon objectif est de faire 50 000 euros de CA par an, l’année dernière j’ai fait 20 000. Aujourd’hui je suis pauvre mais ravi. »

Et de continuer : « Je suis allé vers la lutherie parce qu’au départ je jouais de la guitare en amateur et j’aimais beaucoup le travail du bois. J’avais fait quelques meubles avec mon père, j’ai un vieux souvenir de jouer dans les copeaux quand j’étais enfant. J’aime cette matière. Il faut entre 100 et 150 heures de travail pour fabriquer une guitare. Pour une guitare folk, comptez 120 heures. On nous demande de faire des incrustations dans les guitares et cela nous rapproche d’une œuvre d’art. Mes prix varient de 2000 à 4000 euros. » La recette de Michel c’est : « Il faut combiner des bois pour l’esthétique et des bois plus massifs pour la résonance. On cherche des registres qui ne sont pas formatés au niveau du son. »

Article de Tristan Cuche pour le Petit Futé

Partagez