L’Aveyron d’ailleurs

Me promenant dans la ville de Munich, flânant dans le marché aux victuailles, le fameux marché ou l’inspecteur Derrick aimait se rendre avec son fidèle Harry Klein, slalomant entre les weisswurts1 alignés en montagne sur les étals, les pubs des moines brasseurs de bières, les passants en lederhosen de cuir et les bretzels, une vitrine semblait attirer mon regard. Au fur et à mesure que j’avançais je voyais de mieux en mieux l’écriteau où se détachait le mot AUBRAC, je compris alors pourquoi mon subconscient m’avait murmuré : « avance et regarde ». Devant moi des superbes couteaux de « Laguiole en Aubrac » en Olivier, en os, en genévrier, en corne de buffle ou de bélier, en thuya, en ébène, lames lisses ou démastiquées, tirebouchonnés, frappés d’une tête de taureau ……, et même deux sommeliers qui faisaient fière figure à côté des couteaux suisses.

1 saucisses blanches

Et je poursuivais déambulant entre les échoppes des marchands quand, non par l’odeur alléché- le fromage et moi c’est une longue histoire de désamour- je vis des petits points bleus, un air de déjà vu et, en approchant, je pus lire le mot « ROQUEFORT » mais oh ! Crime de lèse-majesté « Roquefort en Auvergne » malheureusement la barrière de la langue de Goethe ne me permit pas d’apostropher la maitre fromager. En tous cas on conseille de la déguster avec un vin français, du Sauternes. Et en parlant de vins, à mon grand regret, sur la dizaine de mètres linéaires du supermarché, je n’ai pu trouver les mots : Estaing, Fel, Millau.

En revanche, un autre fromage de chez nous Lou Peyrac fabrique à Roquefort sous Soulzon faisait étalage de sa brebis. Alors avec du roquefort ou du Peyrac, un Laguiole… manquait le pain à défaut de vin rouergat pour faire un casse-croûte comme chez nous. Et c’est chose faite, il y a à Munich de la baguette dans une boulangerie bien française et qui propose de la baguette ordinaire, de la baguette épis, du rustique, des pains au levain … Alors à Munich, pas de dépaysement sinon une autre langue que notre patois occitan. Auf Wiedersehen !

 

Marie Luxembourg Munich, le 14 février 2020

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