L’agneau bio de Bruno Vézinhet : « Nous sommes en accord avec nous-même. »

Entre Sévérac-le-Château et le Massegros, Bruno Vézinhet est l’un des pionniers dans les brebis bio en France. Au total, il élève plus de 1300 brebis à la traite pour le lait et 800 brebis pour des agneaux bios. Son histoire est surprenante : « Je suis parti bosser un an en Nouvelle-Zélande en 1992 et là je me suis rendu compte de l’énorme potentiel de l’élevage bio. Quand je suis revenu j’ai repris l’exploitation de mon grand-oncle qui était en agriculture conventionnelle. Le déclic, c’est qu’en 95, j’ai un grave cancer à cause des produits phytosanitaires qui ont perturbé mon système lymphatique. Devant l’urgence, j’ai fait une reconversion en bio, cela a duré trois ans. Ce n’était pas incompatible avec une production importante. Le résultat aujourd’hui c’est que nous sommes en accord avec nous-même. Nous avons pris la décision au bon moment. »

Bruno Vézinhet

Une production dont il est fier : « Beaucoup d’oméga 3 dans la viande, une tendreté exceptionnelle et un goût pas du tout prononcé. Nous faisons germer la céréale, on passe de l’amidon à l’acide aminé pour nourrir les bêtes. Le terroir ici est très riche, il y a beaucoup de légumineuses, sainfoin et luzerne. De fin avril aux premières neiges, nos bêtes pâturent. La race que nous élevons est rustique et bien adaptée à nos types de pâturages. »

Pour Bruno, la vente de viande est devenue compliquée : « Tous ces épisodes de problèmes d’abattoirs ont fragilisé la consommation de viande en général et de viande d’agneau. Nous faisons les marchés à Montpellier et servons une boucherie bio. Nous sommes aussi producteurs de laits de brebis bio, yaourts et desserts lactés pour le petit basque. »

Et de conclure : « On parle du bien-être animal, ici chez nous nous y sommes très sensible. »

 

Texte et photo de Tristan Cuche, Le Petit Futé

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