Retour sur la conférence "La ruralité : des origines à nos jours"

A Paris, le réseau Aveyronnais et le Cnam militent pour la ruralité

 

Le Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam) de Paris a été le théâtre, vendredi 24 novembre dernier, d’une conférence intitulée : la ruralité, des origines à nos jours. Celle-ci s’est déroulée au sein du prestigieux amphithéâtre Abbé-Grégoire, du nom de celui qui fonda en 1794 ce grand établissement d’enseignement supérieur, notamment spécialisé dans la formation d’ingénieurs.

Cette conférence sur la thématique de la ruralité, est le fruit d’un travail mené par l’antenne aveyronnaise du Cnam située à Millau et par son directeur Philippe Mallaroni, spécialiste de l’économie rurale. Ce travail avait d’ailleurs été présenté à Millau en janvier dernier.

Mais cette fois, avec l’appui du Cnam de Paris et du réseau aveyronnais de Paris (Aveyronnais d’Ici et d’Ailleurs) notamment au travers du président de l’Amicale des Millavois de Paris, Benoît Cuturello, ce travail mené en local a donc pu trouver un écho national à l’occasion de cette soirée.

Olivier Faron, administrateur général du Cnam, a tenu à féliciter les organisateurs de cette conférence : « Je suis ravi d’être présent ce soir, d’autant que lorsque je suis devenu administrateur général, j’ai fixé comme objectif le développement d’un Cnam de la ruralité » C’est d’ailleurs cet objectif qui a conduit Olivier Faron a organiser le séminaire national du Cnam à Millau, en 2016.

Jean-Michel Baumevieille, président de Millau Enseignement Supérieur, également présent, a tenu à rappeler que les différents Cnam répartis en France intègrent parmi ses auditeurs, « des parcours remarquables », « les formations du Cnam doivent aussi pouvoir se développer dans les territoires ruraux comme l’Aveyron » a t’il ajouté. Pour Benoît Cuturello, président de l’Amicale des Millavois de Paris, l’histoire de l’Aveyron à Paris illustre une partie de l’histoire de la ruralité, « les aveyronnais ont vécu et vivent encore aujourd’hui les différentes contraintes induites par la vie au sein de l’espace rural ; des contraintes d’ordre économique, social ou encore sanitaire » Et ce sont ces différentes contraintes qui ont conduit les Aveyronnais à émigrer « d’abord vers le Midi Languedocien jusqu’au XIXème siècle, puis de manière massive vers Paris à partir de la crise agricole de 1880 » précise Benoît Cuturello. Les aveyronnais sont donc légitimes pour aborder la thématique de la conférence, une thématique qu’il convient encore de porter selon le président des Millavois de Paris « des rapports récents tendent à montrer que les inégalités territoriales continuent de se creuser. Malgré 30 ans de décentralisation, les richesses, les populations qualifiées, les emplois se concentrent toujours plus dans les métropoles ; est-ce la résultante d’une volonté en terme d’aménagement du territoire ? » s’interroge Benoît Cuturello.

Quoi qu’il en soit, pour comprendre la ruralité d’aujourd’hui, il faut se replonger dans son histoire et c’est ce qu’a souhaité faire Philippe Mallaroni avec ce travail important, « L’espace rural a évolué mais il n’y a pas non plus de rupture sans filiation, donc sans une histoire, sans des traditions. Dans ces conditions, comment concilier modernité et traditions, conservatisme et changements? Au final, quel avenir pour nos territoires ruraux dans une économie « métropolisée » ? Quelles solutions pour éviter la fracture ville/campagne ? La France peut-elle ignorer dans son développement 1000 ans d’histoire ? » a dit Philippe Mallaroni, en introduction de la conférence.

Selon le directeur du Cnam de Millau, la ruralité peut s’observer sur trois grandes périodes : « La première se termine aux alentours de 1918. Voilà une période inscrite complètement dans une société rurale, mais dirigée politiquement par un monde davantage urbain. La deuxième période de 1918 à 1960 verra la civilisation urbaine prendre le dessus sur la civilisation rurale même si alors, les valeurs de la ruralité sont très présentes dans la sphère politique. Quant à la dernière période, celle qui débute en 1960 pour aller jusqu’à nos jours, elle peut être caractérisée par un espace rural aux trois fonctions : productive agricole, résidentielle puis récréative. ».

Cette bonne connaissance de l’histoire rurale permet alors de mieux aborder les défis à venir : « Quatre défis pour les territoires ruraux. Un défi « territorial », qui implique la prise en compte de distances à parcourir, de territoires qui sont très fragmentés. Et donc un défi « mobilité » qu’il importe de satisfaire. Un défi « innovation », pour espérer retrouver une pluriactivité qui a longtemps était la règle. Enfin un défi « savoir et connaissance » sans lequel, point n’est besoin d’investir en équipement » propose Philippe Mallaroni

Le spécialiste de l’économie rurale conclut en rappelant que le développement de l’espace rural devra aussi découler d’une réelle volonté des pouvoirs publics : « Augé Larribé écrivait : la politique, c’est une volonté. En la matière il convient d’en avoir et d’oser aussi les discriminations positives pour permettre ici de réaliser, ce qui ne serait pas possible autrement ». « Faire des économies c’est bien, faire l’économie d’une politique territoriale ambitieuse, c’est moins bien ».

 

En attendant, le temps d’un soir à Paris, la ruralité était défendue par trois millavois engagés sur leur territoire ; et le Cnam de Paris leur a offert une tribune non négligeable.

 

La vidéo de la conférence est disponible sur le site cnam.fr (rubrique culture – agenda - novembre) ou sur cnam-millau.fr.

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