Les troisièmes rencontres économiques Aveyron-Paris developpent encore les liens economiques

La 19ème édition du Marché des Pays de l’Aveyron avait décidé de laisser une place conséquente à l’économie aveyronnaise le week-end dernier à Paris. En effet, en plus de la centaine d’artisans et commerçants « montés » à la capitale pour vendre et faire la promotion de leurs produits, plusieurs événements économiques ont pris place dans le quartier de Cour Saint-Emilion. Le jeudi soir, Aveyron Ambition Attractivité organisait, dans les Salons de l’Aveyron, une soirée d’échanges portant sur les réseaux économiques, tandis que le Conseil Départemental de l’Aveyron et son Président Jean-François Galliard avait installé tout le week-end, rue de l’Aubrac, un grand Job dating consistant à présenter aux visiteurs intéressés les offres d’emplois disponibles en Aveyron. Et pendant ce temps, non loin de là, à quelques pas du Marché des Pays de l’Aveyron, au Café de Pauline (une adresse aveyronnaise), l' Amicale des Millavois de Paris proposait à des acteurs économiques de venir participer aux troisièmes rencontres économiques Aveyron-Paris. Ces troisièmes rencontres économiques succédaient logiquement aux premières qui avaient mis en lumière les projets éco-innovants du groupement d’entreprises sud-aveyronnaises le GECO des Grands Causses et notamment son Carré de Vie, ainsi qu’aux deuxièmes avec le Club des Entrepreneurs Millavois, qui avait pour idée de créer un véritable réseau économique entre Millau et Paris.


Pour ces troisièmes rencontres économiques, l’Amicale des Millavois de Paris, toujours soutenue par la Fédération Nationale des Amicales Aveyronnaises - les Aveyronnais d’ici et d’Ailleurs avait emporté dans ses valises plusieurs partenaires, la CCI Aveyron, les JCE Millau et JCE Rodez ainsi que la Communauté des Communes Millau Grands Causses, partenaire financier de la soirée. Lors de la soirée, le président de l’Amicale, Benoît Cuturello a d’ailleurs fait référence à l’homme d’État et philosophe Romain, Sénèque, dans son propos introductif, « par l’union les plus petits établissements s’accroissent, par la discorde les plus grands se renversent » comme pour saluer la présence des différents partenaires ainsi que celle du président du Conseil Départemental, Jean-François Galliard, tous réunis pour tenter de porter la filière cuir de l’Aveyron réunie autour du Pôle Cuir Aveyron. Tel était en effet le sujet de la soirée, « faire la promotion d’un véritable savoir-faire aveyronnais, d’un joyau encore bien étincelant en sud-Aveyron » selon Benoît Cuturello. Les présidents des JCE de Millau et Rodez, Mathilde Margaillan et Tin Kojic, ont salué l’initiative portée par les amicales aveyronnaises et ont réaffirmé tout leur soutien en ce type de démarche ; les JCE s’étaient elle-mêmes particulièrement mobilisées sur différents rendez-vous économiques à l’occasion de ce week-end aveyronnais dans la ville lumière. Pour parler de la filière cuir, qui inclut la ganterie, la mégisserie, la tannerie et la maroquinerie, trois professionnels avaient fait le déplacement, à savoir, Olivier Fabre, directeur associé de Maison Fabre et président du Pôle Cuir Aveyron de 2015 à début 2018, Pierre Escudier de l’entreprise Gaston Mercier Sellier, et Max Capdebarthes, gérant de la sellerie et maroquinerie haut de gamme Max Capdebarthes. Olivier Fabre a tenu à rappeler le sens de la création du Pôle Cuir Aveyron : « depuis 2015, le Pôle Cuir Aveyron regroupe 13 entreprises spécialisées dans le travail de la peau. Objectif ? Valoriser des savoir-faire d’excellence et accompagner chaque PME dans son développement. Gantiers, maroquiniers, selliers, mégisseries ou tanneries, tous tournés vers le haut de gamme et l’innovation, jouent le jeu de cette dynamique collective au profit d’une filière et d’un territoire ». De plus, Olivier Fabre a rappelé les enjeux économiques de la filière : « nous souhaitons pérenniser des métiers et des savoir-faire d’excellence, mais aussi retenir les entreprises en zone rurale, puis les aider à recruter et à se développer. Aujourd’hui sur le département il y a 18 entreprises dans le cuir pour 500 emplois et 42 millions d’euros de CA, l’idéal serait de re-faire de l’Aveyron un vivier d’emplois concentré autour de Millau » précise Olivier Fabre. Pour cela, le Pôle Cuir pourra notamment compter sur la Communauté des Communes Millau Grands Causses. En effet, son responsable du pôle développement territorial, Bruno Bedos, a rappelé que l’intercommunalité se voit confier dès début 2019 la compétence en matière de développement de la formation : « des formations seront développées à partir des besoins du territoire, comme ceux exprimés par la filière cuir ». En outre, comme pour assurer à la trentaine d’acteurs économiques et chefs d’entreprises venus participer à ces troisièmes rencontres économiques de la qualité de la filière, Max Capdebarthes et Pierre Escudier ont voulu parler de leurs activités et du savoir-faire qu’ils espèrent faire perdurer : « Innover tout en s’appuyant sur la tradition est la marque de fabrique de la sellerie Gaston Mercier. Nous sommes les concepteurs de la selle de couleur en symbiose avec l’approche loisir de l’équitation et l’utilisation de matériaux composites pour la fabrication de nos arcons ( carbone ). Notre savoir-faire artisanal nous a permis d’obtenir la labellisation EPV depuis 2011 » a affirmé Pierre Escudier dans son propos. Max Capdebarthes a également défendu le savoir-faire de son atelier : « notre fabrication est 100% française, nos produits sont réalisés dans un cuir vachette pleine fleur, avec un tannage minéral. L’atelier Max Capdebarthes est labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2009». A l’issue des interventions, il a tenu à lancer un appel aux acteurs économiques de la capitale : « nous aimerions que nos ateliers et entreprises du Cuir puissent bénéficier d’un espace d’exposition et de vente bien visible dans Paris ».


Une chose est sûre, l’objectif de la soirée était atteint pour la troisième fois. Selon le président de l’Amicale : « à l’heure des réseaux sociaux qui affichent parfois des abonnements de plusieurs milliers de personnes à des pages, des événements ou des causes, il est capital que nous puissions continuer à créer du lien direct et de manière conviviale comme ce soir, en se retrouvant dans un café, tout simplement » a conclu Benoît Cuturello, très attaché au développement d’échanges culturels, économiques ou associatifs entre l’Aveyron et Paris.


La soirée s’est bien évidemment conclue par un buffet bien garni. Puis les participants ont pu retrouver le Marché des Pays de l’Aveyron qui restait ouvert en nocturne jusqu’à 22H.

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